CABINET D’AVOCAT À LYON EN DROIT DES VICTIMES
ET RÉPARATION DU PRÉJUDICE CORPOREL

04 72 37 28 11

Par Maître Anne-Gaëlle Finet, avocate en droit des victimes au barreau de Lyon depuis plus de vingt ans 

Un acte médical qui se passe mal, une infection contractée à l’hôpital, une erreur médicale ou une prise en charge non conforme aux règles de l’art : dans chacune de ces situations, une question revient très vite, une fois le choc initial passé — comment obtenir réparation, et par quelle voie ? Beaucoup de patients ignorent qu’il existe, à côté du procès classique, une voie amiable pensée précisément pour eux : la Commission de conciliation et d’indemnisation, plus connue sous son sigle, la CCI.

Le cabinet y intervient régulièrement, dans le cadre de son activité en droit médical.

Nous avons acquis, au fil des dossiers, une expertise solide de terrain, que nous mettons ici à votre service.

Qu’est-ce que la CCI, et d’où vient-elle ?

La Commission de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux — CCI, anciennement CRCI — a été créée par la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dite loi Kouchner.

Il en existe une par grande région ; celle compétente est celle du lieu où l’acte médical à l’origine du dommage a été pratiqué.

Elle permet aux victimes d’accidents médicaux, d’affections iatrogènes ou d’infections nosocomiales une alternative à la saisine des Tribunaux et de bénéficier ainsi d’une voie de règlement amiable et contradictoire, sans que la victime n’ait à avancer elle-même le coût de l’expertise médicale.

La CCI en chiffres. Le dernier rapport d’activité de l’ONIAM, publié en 2026 au titre de l’année 2025, permet de mesurer concrètement l’ampleur de ce dispositif : – 5 586 demandes reçues en 2025 ; – 197 séances de CCI organisées, sur l’ensemble du territoire ; – 4 013 expertises diligentées ; – 2 366 avis rendus ; – 55 % d’avis favorables à une indemnisation, parmi ces avis rendus sur des dossiers jugés recevables.

Ces chiffres ne doivent pas laisser penser que ce dispositif est facile à manier et que l’indemnisation est automatique.

Le rapport de l’ONIAM ne précise pas de taux d’irrecevabilité à proprement parler, mais on observe un décalage important entre le nombre de demandes reçues (5 586) et le nombre d’avis effectivement rendus dans l’année (2 366, soit à peine 42 %) — un écart qui s’explique en partie par le délai d’instruction (une partie des demandes de 2025 n’aboutiront qu’en 2026), mais qui illustre aussi la sélectivité du dispositif à chaque étape, de la recevabilité jusqu’au fond. Et un avis favorable ne signifie pas une indemnisation effective : il ne s’agit pas d’une décision de justice, et cet avis n’est pas applicable en l’état, il invite, s’il est positif l’assureur ou l’ONIAM à faire une offre.

Qui peut saisir la CCI, et à quelles conditions ?

Deux conditions cumulatives ouvrent l’accès à ce dispositif :

  • Une condition tenant à la nature de l’acte. L’article L. 1142-7 du code de la santé publique réserve la compétence de la CCI aux dommages résultant d’un acte de prévention, de diagnostic ou de soins — ce qui exclut, en principe, certains acte telle la chirurgie esthétique non réparatrice.

Le fait générateur doit par ailleurs être postérieur au 4 septembre 2001.

  • Une condition tenant à la gravité du dommage. C’est le point sur lequel achoppent le plus souvent les demandes mal préparées. L’article L. 1142-1, II du code de la santé publique, précisé par l’article D. 1142-1, fixe un seuil de gravité en deçà duquel la CCI ne peut être saisie :
    • un taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique supérieur à 24 % ;
    • ou, à défaut, un arrêt temporaire des activités professionnelles d’au moins six mois consécutifs (ou six mois non consécutifs sur une période de douze mois) ;
    • ou encore des gênes temporaires constitutives d’un déficit fonctionnel temporaire au moins égal à 50 %.
  • À titre exceptionnel, la gravité peut également être reconnue en cas d’inaptitude professionnelle définitive ou de troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence.

Notre cabinet a acquis, au fil du temps, une expérience lui permettant de présenter des dossiers répondant aux exigences de la commission, avec une vision stratégique dès le stade de la saisine.

Comment se déroule la procédure ?

Une fois la CCI saisie, une expertise médicale contradictoire et gratuite est organisée. Le professionnel ou l’établissement mis en cause, son assureur, et la victime — assistée, le cas échéant, de son propre avocat et de son médecin-conseil — y sont tous représentés.

Sur la base de ce rapport, la commission rend un avis sur les circonstances, les causes et l’étendue du dommage, ainsi que sur le régime d’indemnisation applicable.

Trois fondements indemnitaires sont possibles :

  • La responsabilité pour faute : si une faute du professionnel ou de l’établissement est retenue, c’est son assureur qui doit indemniser la victime, avec une offre à formuler dans un délai de quatre mois à compter de la réception de l’avis (article L. 1142-14 du code de la santé publique) ;
  • La responsabilité sans faute s’agissant d’une infection nosocomiale qualifiée comme telle après expertise en infectiologie, dans ce cas c’est également l’assureur de l’établissement qui devra indemniser en deçà d’une certaine gravité.
  • La solidarité nationale : en l’absence de faute lorsque l’on est dans une hypothèse d’accident médical non fautif ou l’aléa thérapeutique, ou d’une infection nosocomiale ayant des conséquences particulièrement graves—, c’est l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) qui prend le relais et doit, dans ce même délai de quatre mois, adresser à son tour une offre d’indemnisation.

Nous attirons votre attention sur le fait qu’obtenir une indemnisation au titre de la solidarité nationale n’a rien d’automatique, même lorsque le seuil de gravité est atteint.

L’article L. 1142-1, II du code de la santé publique pose une condition supplémentaire, dite d’anormalité : le dommage doit avoir eu, pour le patient, des conséquences anormales au regard de son état de santé et de l’évolution prévisible de celui-ci.

Autrement dit, une complication grave ne suffit pas, à elle seule, à ouvrir droit à réparation si elle demeure proche de ce à quoi le patient était déjà exposé du seul fait de sa pathologie initiale.

C’est une notion technique, construite au fil d’années de jurisprudence, qui exige une démonstration rigoureuse lors de l’expertise — et c’est précisément là que l’absence d’accompagnement fait le plus souvent la différence entre un dossier classé sans indemnisation et un dossier abouti.

À défaut d’offre, ou en cas d’offre manifestement insuffisante, la victime conserve toujours la possibilité de refuser et de saisir le tribunal judiciaire — la voie amiable n’éteint jamais, à elle seule, le droit d’agir en justice.

Les avantages, et les limites, de cette voie amiable

La procédure devant la CCI présente un atout réel : l’expertise y est contradictoire, et l’avis rendu, bien que non contraignant pour un juge en cas de contentieux ultérieur, pèse en pratique dans la suite du dossier.

Elle reste néanmoins moins rapide, en réalité, que son cadre légal ne le laisse supposer : entre la constitution du dossier et l’indemnisation effective qui est parfois difficile à obtenir.

Derrière son apparence de simple commission amiable se joue, en réalité, un rapport de force technique face à des interlocuteurs expérimentés — assureurs, médecins-conseils, parfois avocats de la partie adverse. Une défense de qualité, dès les premières étapes du dossier, n’est donc pas un luxe : c’est souvent ce qui distingue une indemnisation juste d’une indemnisation manquée.

Pourquoi le cabinet intervient régulièrement en CCI

Depuis plus de vingt ans, le cabinet accompagne des victimes de dommages médicaux devant les CCI, dans toute la France.

En effet, l’expertise est systématiquement délocalisée, c’est-à-dire confiée à des experts extérieurs au ressort du professionnel ou de l’établissement de santé mis en cause, seule garantie d’une réelle impartialité.

Notre intervention couvre l’intégralité de la procédure :

  • nous étudions le dossier médical ;
  • nous rédigeons la requête de saisine ;
  • nous assistons nos clients lors des opérations d’expertise ;
  • nous rédigeons un mémoire devant la commission ;
  • nous sommes présents pour plaider lors de la réunion de la CCI
  • Une fois l’avis rendu, nous mettons en œuvre l’indemnisation qui en découle, en préparant une réclamation chiffrée, poste de préjudice par poste de préjudice, et en accompagnant nos clients dans toute la phase de discussion, jusqu’à la transaction.

Peu de victimes s’y attendent : bien qu’il s’agisse d’une commission conçue pour favoriser le règlement amiable, l’expertise devant la CCI est une véritable épreuve.

Beaucoup de victimes découvrent, à leurs dépens, que la partie adverse — en réalité, les compagnies d’assurance des établissements de santé ou des médecins mis en cause — mandate des défenseurs, souvent des avocats, et systématiquement leurs propres médecins-conseils. L’objectif de ces derniers n’est pas la conciliation, ni la reconnaissance de bonne foi d’une éventuelle erreur : il est, très concrètement, de faire en sorte que l’expert n’engage pas la responsabilité de leur assuré.

Face à des contradicteurs de cette envergure, se présenter seul(e) à une expertise CCI en pensant qu’il s’agit d’une simple formalité amiable expose à un déséquilibre réel.

Le cabinet peut intervenir à tous les stades du dossier — il n’est jamais trop tard pour se faire assister ou conseiller —, mais l’idéal reste, bien sûr, de prendre conseil en amont, pour aborder la procédure de façon stratégique face à des contradicteurs qui se révéleront, presque toujours, redoutables.

Si vous, ou l’un de vos proches, traversez les conséquences d’un accident médical, d’une infection nosocomiale, d’une erreur médicale ou d’une prise en charge non conforme aux règles de l’art, le cabinet peut se livrer à l’étude de votre dossier.

Dans ce cas, nous analyserons si les conditions de saisine de la CCI sont réunies, ou s’il est préférable de saisir le Tribunal ou si tout recours apparait voué à l’échec.

Vos questions les plus fréquentes sur la CCI

Dois-je vraiment prendre un avocat pour saisir la CCI, ou puis-je le faire seul(e) ?

Rien ne vous y oblige juridiquement : la procédure devant la CCI est conçue pour être accessible sans avocat. En pratique, cependant, la qualité du dossier initial et la préparation de l’expertise contradictoire — moment charnière de toute la procédure — déterminent très largement l’issue du dossier. C’est pour cela qu’il est recommandé d’être assisté.

Combien coûte un avocat pour m’accompagner devant la CCI ?

La procédure elle-même est gratuite : ni la saisine de la commission, ni l’expertise médicale ne sont facturées à la victime. Les honoraires d’avocat, eux, font l’objet d’une convention d’honoraires transparente, discutée dès le premier rendez-vous ; pensez à vérifier si votre contrat d’assurance de protection juridique (souvent adossé à votre assurance habitation ou à votre carte bancaire) peut en couvrir tout ou partie.

 

 

Quel est le délai pour obtenir une réponse de la CCI ?

La commission doit rendre son avis dans un délai de six mois à compter de sa saisine (article L. 1142-8 du code de la santé publique). L’assureur du professionnel, ou l’ONIAM en l’absence de faute, dispose ensuite de quatre mois pour formuler une offre d’indemnisation (article L. 1142-14).

CCI ou tribunal : que choisir ? La CCI est une voie amiable, souvent plus rapide qu’un procès — mais son avis ne s’impose pas définitivement : si l’offre d’indemnisation est insuffisante, vous conservez toujours la possibilité de la refuser et de saisir le tribunal judiciaire. Les deux voies ne s’excluent donc pas : la CCI peut être une première étape, jamais un renoncement à vos droits.

Puis-je refuser l’offre d’indemnisation qui m’est faite après l’avis de la CCI ?

Oui, à tout moment. Ni l’avis de la commission ni l’offre de l’assureur ou de l’ONIAM ne s’imposent à vous : vous restez libre de négocier, de refuser, puis de porter votre demande devant le tribunal judiciaire si l’indemnisation proposée ne reflète pas l’intégralité de votre préjudice.

Sources officielles citées dans cet article

  • Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000227015
  • ONIAM, Rapport d’activité 2025 (statistiques des CCI et de l’ONIAM) : https://www.oniam.fr/medias/uploads/RA/Oniam-RA-2025.pdf
  • Code de la santé publique, articles L. 1142-1 (seuil de gravité, régime de responsabilité), L. 1142-7 (compétence de la CCI), L. 1142-8 (délai de l’avis) et L. 1142-14 (délai de l’offre d’indemnisation)

Vous ou l’un de vos proches avez été victime d’un accident médical, d’une infection nosocomiale, d’une erreur médicale ou d’une prise en charge non conforme aux règles de l’art ? Le cabinet Finet Avocat, 90 cours Vitton, 69006 Lyon, vous reçoit sur rendez-vous pour évaluer votre dossier. Contactez le cabinet ou appelez le 04 72 37 28 11.